Kosovo : Belgrade est prête à ouvrir le dialogue avec Pristina
La Serbie est totalement disposée à engager le dialogue avec le Kosovo, a déclaré le ministre serbe responsable du Kosovo, Goran Bogdanović. Mais de quoi va-t-on parler ? Belgrade évoque aussitôt la situation au nord du Kosovo, que Pristina considère comme une « question intérieure ». L’Union européenne aura un rôle central à jouer dans l’organisation du dialogue.
La Serbie pourrait « modifier son approche à la table des négociations. Tout dépendra de la forme que prendront les pourparlers », a expliqué le ministre Bogdanović au quotidien Politika. Il n’a cependant pas précisé la date à laquelle pourraient débuter ces discussions, ni les sujets qui y seraient abordés.
« La résolution vient tout juste d’être adoptée, aussi il serait fort prématuré d’entrer dans les détails pour le moment. Il existe toute une série de procédures et de préparatifs préalables lorsqu’il s’agit d’événements de cette importance. Je comprends l’impatience de la population, mais il faut savoir que les préparatifs nécessaires à l’ouverture de tout dialogue n’ont pas encore commencé », a tenu à nuancer le ministre de Belgrade délégué au Kosovo.
Goran Bogdanović insiste sur le fait que la résolution a ouvert la porte au dialogue, et qu’elle enlève désormais toute excuse aux Albanais du Kosovo pour éviter les négociations.
Contrairement au Premier ministre kosovar Hashim Tashi, qui a qualifié d’inacceptable l’idée que les problèmes du nord du Kosovo puissent constituer le principal sujet des discussions lors d’éventuels pourparlers – Pristina y voit en effet une « affaire intérieure » relevant uniquement du Kosovo –, le ministre Bogdanović estime que le dialogue entre Belgrade et Pristina pouvait contribuer à résoudre le différend.
« Nous avons toujours appelé au dialogue sur toutes les questions fondamentales. Parmi celles-ci, le statut et l’amélioration des conditions de vie des Serbes du Kosovo sont les plus importantes à nos yeux », a assuré le ministre. Selon lui, le dialogue représente la seule façon de résorber les tensions et d’élaborer une solution à la fois durable et mutuellement acceptable.
Il a également indiqué que l’Union européenne jouerait un rôle central dans le futur dialogue. Il a toutefois pris soin d’ajouter que, sans l’expérience et l’influence des Nations unies, de la Russie et des États-Unis, il serait difficile d’imaginer que le processus, déjà on ne peut plus complexe et délicat, se déroule dans le calme et de manière constructive.
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